Confréries viticoles

Confréries viticoles

Les confréries languedociennes

Notre région, riche de vins et de produits variés, a donné naissance à de nombreuses confréries bachiques, gastronomiques, historiques et épicuriennes. Des Pyrénées au Rhône, des Cévennes à la Méditerranée, plus de 80 confréries vivent et font rayonner la culture méridionale et portent haut la croix du Languedoc.

Certaines de ces confréries sont très anciennes. Saviez-vous par exemple que « Les Amis du Vin » se réunissaient et tastaient les meilleurs vins, il y a bien longtemps, en 1952, dans une auberge familiale, près de Montpellier ? Ou que « L’Ordre de la Boisson de la Stricte Observance » est l’une des plus anciennes confréries du Gard ?

Certaines confréries représentent des produits typiques de notre terroir (« L’Académie du Cassoulet », « L’Anguille de Gruissan », « Les petits Pâtés de Pézénas », « La Macaronade de Sète », etc.), d’autres glorifient les traditions, l’histoire, les plaisirs de la table et de la convivialité (« Les Pastaïres et les Tastaïres », « La Rabouillère et le Clapier », « La Belle Aude en Languedoc », « Les Chantegosiers du Roussillon à Tautavel », etc.).

Mais les plus nombreuses sont celles à représenter des vins, des crus et des appellations ; dont on en dénombre plus d’une vingtaine sur toute la région Languedoc-Roussillon. En voici quelques exemples : « Seigneurs des Corbières », « Les Compagnons du Minervois », « Les Capitouls de Limoux », « Saint-Chinian », « Le Consulat de Septimanie », « Les Torsades de Frontignan », « Les Costières de Nîmes », « Le Comté de Durban », " La Confrérie des Chevaliers de l'Aissette", etc.

Chacune de ces confréries a son cérémonial, sa tenue haute en couleur, ses insignes, son gonfalon (entendez par là son « écusson ») et son diplôme. Elles tiennent chapitre chaque année et intronisent des personnalités marquantes du monde littéraire, artistique, politique, économique ainsi que des visiteurs étrangers de qualité. Elles sont très souvent associées aux manifestations de la vie locale et régionale.

Ces confréries sont héritières de traditions de bien vivre, bien boire et bien manger. Elles représentent un savoir-apprécier, un savoir-vivre ensemble, un savoir-communiquer sur les qualités essentielles des objets ou des buts traités. Elles développent chez les hommes un besoin d’intellectualiser et de spiritualiser des actes de la vie courante en les chargeant de significations. Elles sont les défenseurs du bon goût, de la qualité des mets et des vins, de la qualité de la vie. Elles ont un rôle d’information et de formation afin de susciter chez leurs concitoyens des exigences nouvelles de qualité et d’authenticité des produits. Les confréries incarnent également une certaine forme de relation entre les hommes par la symbolique des rituels, par les références mythologiques et culturelles (par exemple Bacchus, Dionysos et Noé, références des confréries du vin). A ce titre, on peut dire qu’elles sont civilisantes. Et par-dessus tout, elles se veulent un outil de communication entre les représentants d’une filière de production d’un produit ou d’une tradition et d’un public.

Depuis 1992, toutes ces confréries sont regroupées au sein de l’Académie des Confréries du Languedoc et du Roussillon ; retrouvez les dans leur intégralité dans l’ouvrage de C. Vitelli :

Les Confréries du Languedoc et du Roussillon

Références ouvrage
C. Vitelli,Les Confréries du Languedoc et du Roussillon,
Collection Traditions et Art de Vivre, Editions Cap Sud, 2004.